Immigration
L'immigration et les personnes handicapées
Le CCD a commencé à revendiquer une plus grande ouverture de la politique d'immigration visant les personnes handicapées, il y a plus d'un quart de siècle. Lors des élections fédérales de 1984, le CCD avait soulevé cette question dans son bulletin de vote-défi et avait demandé aux candidats d'inciter le «Canada à s'engager, auprès des Nations Unies, à accueillir cinquante réfugiés handicapés ou plus.» Le CCD avait également proposé de modifier la Loi sur l'immigration afin de la rendre conforme aux dispositions de la Charte et d'interdire toute discrimination pour motif de déficience.
En 1991, de concert avec le défunt Conseil canadien pour les droits des personnes handicapées, le CCD avait réclamé une refonte de la Loi sur l'immigration par une loi Omnibus. À l'époque, la Loi exigeait que les demandeurs de résidence permanente subissent un examen médical afin de détecter toute maladie, déficience, trouble ou détérioration de santé qui «constituerait vraisemblablement un danger pour la santé ou la sécurité publiques, ou dont l'admission «risquerait d'entraîner un fardeau excessif pour les services sociaux ou de santé.» Le facteur «déficience» fut éliminé suite à cette revendication mais la clause «fardeau excessif» fut conservée.
En l'an 2000, le ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration exemptait les réfugiés au sens de la Convention, et leurs personnes à charge, de la clause de fardeau excessif. Il déclarait «Reconnaître qu'un réfugié d'outremer ait besoin de protection mais le déclarer inadmissible pour motif de fardeau excessif sur les services de santé est tout à fait incohérent.» De plus, a ajouté le ministère, «ces exemptions de clause de fardeau excessif ne devraient avoir qu'un faible impact financier sur les provinces et territoires.»
Le CCD soutient que, dans sa lettre et dans son application, la Loi sur l'immigration continue à exercer une distinction illicite à l'égard des personnes handicapées et n'est pas conforme aux garanties d'égalité de la Charte des droits et libertés.
Le CCD soutient que la Loi sur l'immigration perpétue de traditionnels préjugés sur la valeur des personnes handicapées et sur le fardeau qu'elles imposeraient à la société.
Le CCD soutient que la Loi actuelle dévalorise les Canadiens avec des déficiences et ne reconnaît nullement la contribution que les personnes handicapées et leurs familles peuvent et doivent apporter à la société canadienne.
Le CCD enjoint le gouvernement du Canada à entreprendre un examen de la clause de «fardeau excessif». Cet examen devrait une fois encore déterminer si cette clause est discriminatoire, dans sa lettre et dans son application.
Travaux récents
23 mars 2012
L'immigration et les personnes handicapées
Le Canada s’est débarrassé de ces stéréotypes excluant l’immigration d’autres groupes de personnes. Il est temps que le système de l’immigration élimine la discrimination pour motif de déficience dans son processus décisionnel. Lire la suite.
20 avril 2011
« Pas un seul et c'est déjà trop » : Exploration historique des Lois canadiennes sur l'immigration appliquées aux personnes handicapées
Tout en exaltant la valeur de la diversité, les pratiques d’immigration actuellement appliquées au Canada excluent les personnes handicapées, censées représenter un « fardeau excessif » pour les services sociaux et de santé. Dans un document intitulé « Pas un seul et c’est déjà trop : Exploration historique des Lois canadiennes sur l’immigration appliquées aux personnes handicapées » - retraçant la trajectoire discriminatoire des politiques canadiennes exercées à l’égard des personnes avec des déficiences de 1869 jusqu’à l’adoption en 2001 de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugié - , le Dr Roy Hanes, professeur agrégé en service social à l’université Carleton et membre du Comité de politique sociale du CCD, s’interroge sur l’éthique de ces pratiques d’immigration. Ce document a d’abord été publié dans le Developmental Disabilities Bulletin, Volume 37 (numéros 1 et 2), 2009. Lire la suite.
13 avril 2011
Consternation au CCD: une fillette handicapée est frappée d'une mesure d'expulsion
Le CCD exhorte le ministre de l’Immigration à autoriser la famille Barlagne à demeurer au pays pour des raisons humanitaires.Les Canadiens avec des déficiences enjoignent également tous les partis politiques de s’engager à réviser les politiques d’immigration afin d’en supprimer les pratiques discriminatoires qui menacent ainsi l’autorisation de résidence permanente pour la famille Barlagne. Ces politiques sont basées sur une compréhension désuète et négative de la déficience, occultant carrément les contributions que peuvent apporter les personnes handicapées et, en fait, qu’elles apportent.Le Conseil des Canadiens avec déficiences (CCD), organisation de défense des droits des personnes handicapées, œuvre pour un Canada accessible et inclusif.
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